La tour nord-ouest du petit Montferrand
Nous voici devant un élément peu connu (et peu visible) du château : les bases de la tour ronde qui flanque l'angle nord-ouest du petit Montferrand, en surplomb de la carrière.
Cette tour marque le point de départ de la vaste enceinte protégeant la façade sud du château. Une terrasse, soutenue par un grand mur bordé d’un fossé, ferme le nord de la zone. A l'ouest de la tour, le terrain, abrupt, n’est pas bâti. Son diamètre intérieur est d’environ 3,50 m pour une épaisseur de mur de 90 cm. Il n’en reste aujourd’hui que la base remplie de remblais.
La construction de cette tour massive n'est pas exactement connue. Elle complète la grande enceinte du château, entamée vers la fin du XIIe siècle, mais semble avoir été construite dans un second temps, dans le courant du XIIIe siècle.
Son édification est-elle une réponse à la reconstruction du château de la Roquette menée par le sénéchal de Carcassonne malgré l’interdiction formelle du comte de Melgueil, auquel la tour fait directement face ?
La tour a probablement connu des surélévations successives, au gré des transformations du petit Montferrand. Au XVIIe siècle, les deux premiers niveaux sont voûtés en croisée d’arête. Au deuxième niveau, correspondant au logis aristocratique, la pièce abrite un cabinet de travail accessible depuis la chambre attenante (zone 11) : elle est éclairée par une petite fenêtre carrée. A la lecture de l’inventaire de 1677, on comprend que cette tour n’est pas une tour-escalier, chaque niveau du petit Montferrand étant autonome : le 2e niveau, celui du logis aristocratique, est accessible uniquement par l’extérieur. En revanche, le 2e niveau est équipé d’une échelle permettant d’accéder au 3e niveau, celui des combles.
En 1837, la tour est conservée sur une grande partie de sa hauteur, laissant apercevoir une petite fenêtre au deuxième niveau. En 1904, la porte d’accès à la tour au deuxième niveau est encore surmontée de son arc. Le mur d'angle à gauche est encore en place. Aujourd'hui, il a disparu, de même qu'une partie de la façade du Vieux Montferrand à l'arrière-plan.
Un dessin du petit Montferrand (vu depuis l’est) réalisé par Amelin en 1830 fait apparaître les trois portes d'accès à chaque étage : les portes des deux premiers niveaux sont surmontées d’arcs en plein cintre, celle du dernier niveau d’un simple linteau. La représentation de ces portes sur le croquis démontre aussi que la tour a survécu un certain temps à la chambre (zone 11) qui lui donnait accès.









